La toile

L’odeur de la peinture se sentait jusque dans le couloir. Elle était venue en mobylette et l’avait garé à l’entrée, devant la porte de l’atelier. Une robe d’été blanche, ses escarpins en main. Elle aimait marcher pieds nus. Son tempérament suave et sa légèreté la conduisaient souvent à ce genre d’initiative tels que tremper ses pieds dans une rivière, se baigner nue, s’allonger sur un rocher et laisser le soleil ravir ses courbes bronzées. Aude s’était laissée surprendre par cet artiste discret. Le temps de s’assoupir, nue à même la pierre chaude, il avait pris le temps de la dépeindre, de la faire poser malgré elle pour une toile à l’improviste. Au départ il s’était focalisé sur la cascade. Elle se versait juste derrière elle dans la rivière. La végétation, cette verdure bordait le cours d’eau. Mais son pinceau enjoué avec une certaine langueur s’était hasardé à la décrire. Ses courbes étaient fines en un jeté de poignet, douces par sa texture et caressantes. Subjugué, le sujet principal ne put que devenir secondaire, comme une ambiance pour mettre en valeur le modèle inconscient. Cela flirtait avec du voyeurisme. Il était caché sans trop l’être pour saisir toute l’intensité du paysage. Elle aurait pu le voir en tournant simplement la tête dans sa direction. Ce fut le cas. Suffisamment loin, les yeux plissés, légèrement endormie, elle le voyait. Apparaissait une partie de son corps, le torse, le bras qui peignait et le bas du visage caché de l’autre côté du tréteau. Elle acquiesça par sa gestuelle cette intrusion. Les jambes pliées légèrement écartées, les bras le long du corps. Ses seins pas plus gros qu’une pomme du verger d’à côté pouvaient tenir dans une main. La journée s’écoula et la toile se termina. L’artiste se demanda s’il était bien sain de partir comme ça après lui avoir volé une partie de son intimité. On ne voyait guère son visage sur l’œuvre picturale, mais qu’importait. Il se sentit dans l’obligation d’obtenir son autorisation. Une dernière couche de peinture pour accentuer le contour contrasté, la toile était terminée. La tableau sous un bras, le tréteau sous l’autre, ses pieds marchèrent de tout leur poids sur l’herbe et les brindilles qui craquèrent. Il chercha à attirer son attention avant de se présenter à elle.

Ce fut pour cette raison qu’elle avait fait le déplacement dans ce village provincial jusque devant l’entrée de son atelier, le même jour.

Toc toc toc !

La porte s’ouvrit sur l’artiste peintre. Il devait encore travailler sur une toile au vu du t-shirt blanc qu’il portait taché de peinture. Sur son front et sa joue quelque taches mélangés de bleu, de blanc et de noire. Sa posture, il se tenait droit, le dos musclé, les épaules fermes.

– Bienvenue dans mon atelier.

Sa voix grave portait avec force cette vision d’un homme calme et posé. Il posa sa palette de peinture sur une table à côté d’une boite de conserve remplie de pinceaux. Des tubes de peinture ouverts recouvraient son atelier. Des pots de peinture jonchaient le carrelage du sol. Ici et là des outils utiles à ses œuvres étaient disposés négligemment. De le peinture de partout. Difficile de poser le pied au sol sans piétiner ses travaux. Aude s’extasiait. La passion de cet homme transparaissait à travers les pores mêmes de sa peau, dans ce bordel de papier blanc ou encore des œuvres au fusain.

– Merci d’être venu si vite. Entre. Désolé c’est un peu le désordre.

Elle se faufila entre les peintures, les croquis disposés au sol. Impossible de poser le pied sans se tacher. Elle foula avec maladresse un dessin.

– Désolé.

– Ne le soit pas c’est le bordel ici. C’est souvent le cas lorsque je trouve une source d’inspiration.

À ces mots elle sentit l’autorisation de pouvoir presser la plante de ses pieds sur les feuilles blanches, les illustrations, la peinture. Elle observa les œuvres sur les murs avec un sourire, une légère mimique dans la commissure de ses lèvres roses. Le carrelage n’apparaissait qu’à de rares endroits, elle tourna dans la pièce comme pour danser. Les toiles semblaient décrire une ellipse autour d’elle tandis que la gouache s’insinuait entre ses orteils. La douce sensation de la peinture froide et métallique. Le peintre l’observait. Ca beauté candide apportait une certaine chaleur.

– J’ai terminé la toile. J’y ai apporté quelques retouches.

Il lui tendit la toile la représentant complètement nue sur ce rocher, abandonné au milieu de la rivière caressée par les rayons du soleil avec cette cascade qui se fracassait dans l’étendue d’eau douce. Le tout tacheté de touches de verdure foncée et clair pour l’environnement forestier. Les oiseaux dans le ciel, certains donnaient l’impression de vouloir se poser sur elle.

– J’aimerai que tu me laisses la possibilité de l’exposer pour mon prochain vernissage. Mais je comprendrais que tu refuses, l’exercice est délicat, même s’il s’agit là de l’une de mes plus belles œuvres.

Elle le regarda avec attention.

– Qu’est-ce que j’y gagne en retour ? lui demanda-t-elle en s’arrêtant de tournoyer.

– Je n’ai pas d’argent, c’est donc un service gratuit que je te demande.

Un léger sourire, paraitre nue dans une galerie d’art lui provoqua une singulière émotion dans le bas ventre. L’idée lui plaisait. Être désiré au travers de cette toile, comme une ode à la féminité. La sensation était enivrante, si bien qu’elle se mit à tournoyer à nouveau. Elle virevoltait dans l’atelier avec un sourire espiègle. Dans ce mélange de couleurs, elle pouvait à nouveau faire parti d’un tableau songea-t-il. Soudain elle trébucha. Des pots se renversèrent sur elle et sa jolie robe blanche. En cet instant très précis impossible pour l’artiste dès lors, de lui demander si elle allait bien, ni même l’envie de venir l’aider. Son talent égoïste s’exprima. Il attrapa un appareil photo et se mit à faire toutes sortes de clichés autour d’elle. Elle se mit alors à rire. La peinture coulait au sol en une rivière bleue dégoulinante sur elle. Il n’en pouvait plus de la voir ainsi. Au milieu de ses croquis et de ses autres toiles gâchées, il lui sembla gouter à la forme d’inspiration la plus pure. Il n’avait alors plus rien à faire de son travail souillé. Ce qu’il se passait à présent était de l’ordre de l’exceptionnelle. Un de ces instants précieux dont la rareté le rendait unique. Elle attrapa un pot de peinture, en un regard elle sut qu’elle avait son approbation, et le versa sur elle, sur son corps, sa robe. Entre ses mains du bleu mélangé à du jaune. Du rouge coulait le long de ses cuisses. Elle avait cette capacité de danseuse à assumer sa féminité par toutes sortes de performances artistiques. Elle s’allongea dans ce mélange de couleur, se frotta, se caressa les hanches suivit des cuisses suivit de l’intérieure des cuisses. Aude fit glisser entre ses doigts la texture huileuse de la peinture bleue, ainsi que sur son visage, comme un masque à revêtir entre ses mains. Elle se cambra, se retourna pour finir à nouveau sur le dos. Les jambes d’abord tendues, puis repliées. Ses longs cheveux bruns baignaient dans la peinture verte. Elle était enduite de toutes sortes de couleurs. Le tissu en était parsemé. Assise, elle le regarda fixement dans les yeux. Dans son regard il y eut comme une étincelle. Lentement, elle fit glisser la bretelle de sa robe sur le côté. Le tissu tomba le long de son épaule qui révéla une partie de son sein. La contemplant, il comprit qu’il était invité à participer à cette performance. Celle-ci ne pouvant être réalisée seule. Son appareil photo posé sur la table au milieu du reste des feuilles, il retira ses chaussures et vint se coucher à ses côtés dans cet univers coloré. Elle le laissa approcher. Du bout de ses doigts commença à dessiner sur son visage. Elle lui enleva son t-shirt et peignit sur son torse. Ce corps svelte, musclé sans tomber dans l’outrance vint alors se coller à elle. La tête inclinée sur le côté, les lèvres saillantes, elle les lui présenta le temps pour lui de les gouter, de les toucher du bout de la langue suivit d’un baiser. Les doigts imprégnés de couleur bleue, il lui caressa la joue changeant le vert en bleu cyan. Pour lui c’était un art de savoir comment mélanger les différentes couleurs. Et il le faisait avec son index laissant trainer cette trace de cyan glissant lentement jusqu’entre ses seins. La nonchalance de ses doigts sur son corps, elle se sentit partir. Elle s’allongea, les bras tendus tirés en arrière. Il se plaça au-dessus d’elle. Avec sa main lui saisit les poignets pour l’empêcher de se débattre. La tête d’Aude se pencha alors en arrière comme pour se refuser à lui, comme un jeu. Il se devait de la conquérir. La maintenant avec autorité, il glissa sa langue dans son cou. Elle ferma les yeux. Sa langue pouvait désormais tout se permettre. Elle s’abandonna tandis que la main de son amant empoigna son sein à moitié dénudé. L’autre main placé dans son dos, il la tira à lui. Un baiser tendre sur l’épaule.  S’essuyant d’abord les doigts avec un bout de chiffon propre, il passa sa main sous sa robe le long de ses cuisses, là où la couleur ne s’était encore faufilée, suivit d’un mouvement ascendant pour se retrouver entre ses jambes. Il s’insinua en elle, du bout du majeur ainsi que l’index. Quelques mouvements de va-et-vient s’entamèrent. Elle frissonna, gesticula, convulsa. C’est bon, c’est chaud, intense et froid aussi comme la peinture sous ses fesses. Il pencha sa tête dans son coup à nouveau. Sa langue humide circula tout du long entre les traces de peintures. Cette robe le gênait. Trop encombrante, elle n’avait plus sa place dans ce tableau. D’un mouvement brusque, il l’arracha avec ses deux mains. Le tissu se déchirant avec fougue, elle fut secouée. Vive et animale, sa bouche se plaqua alors sur son sein droit tandis que l’autre main déversa sur le sein gauche du rouge se mélangeant au vert apportant ainsi des tons jaunes. Il la lécha, la mordilla, elle et ses tétons érectiles. Sa main droite attrapa sa cuisse pour la lui faire remonter le long de ses hanches avec des caresses. Tandis que les siennes firent quelques mouvements de va-et-vient pour frotter son sexe contre son ventre. Elle le sentait dur comme la pierre, sa longueur et sa circonférence prometteuse semblaient lui convenir. Elle gémit.

Huuuuuuuuuuuuummmm !!!

En l’embrassant à pleine bouche, il descendit sa main en la caressant tout du long, son cou, ses épaules, sa poitrine, son ventre. Sa langue suivit alors à son tour le même chemin jusqu’à l’embrasser sur ses lèvres mouillées et s’enfoncer dans son vagin. Sa vulve était semblable à une tulipe dont seule une abeille pouvait se repaitre de son nectar. Il s’enfouit en elle. Ce fut tellement bon qu’elle saisit sa tête comme pour lui montrer nerveusement la direction à prendre.  

– T’arrètes pas ! T’arrètes pas ! 

Sa gestuelle était en pleine supplication. Elle se contorsionna en lui caressant les cheveux. Il l’a bu alors pour extraire d’elle les ressources de son énergie sexuelle débordante. D’une main ferme contre son cul, il la retourna et l’obligea à se mettre à quatre pattes. Elle se laissait faire sans lui résister. Il retira son pantalon, son boxer tomba sur ses chevilles, impatient, il se dressait devant elle avec un appétit vorace. Il la pénétra alors une première fois avec force et passion. Cette passion débordante que seul un créatif pouvait apporter à une femme. Conscient des besoins et du désir de sa partenaire, il savait comment la diriger à la manière de ses propres modèles. Il l’ausculta du bout des doigts, l’empoignait, la caressait, remontant le long de ses jambes, plaça sa bouche contre ses fesses et ses mains contre ses seins. Toutes ces subtilités qu’il apportait à ses toiles, il les partageait avec elle. Il eut besoin de l’embrasser. Toujours à quatre pattes devant ses fesses accueillantes, il l’a tira d’une main sur le ventre vers lui, la redressa à la verticale contre sa queue et l’embrassa dans le dos, sur l’épaule. Un coup de reins sournois la fit hurler !

– AAAAAAAAH !! Hummmmmmmmmmmm !!   

Suivit d’une autre série de déhanchés plus brutaux sans subtilité. Des coups de reins pour le seul désir, le seul plaisir de se sentir entrer et ressortir d’elle. Il lui attrapa le visage, le tourna vers lui et au contact de ses lèvres glissa sa langue contre la sienne. Elle s’offrait à un parfait inconnu, un artiste peintre adulant les formes élancées de son corps. Cela l’excita davantage rien que d’y penser. Les coups de ce sexe bandé devenaient plus lourds et réguliers au fur et à mesure qu’il s’investissait dans son rôle d’amant. La violence de ses caresses s’accentuait. Ses empoignades l’agrippèrent comme les serres d’un aigle autour de sa proie. Sa bouche plus langoureuse que jamais. Il aimait lui tirer les cheveux en arrière et au même moment, sans invitation lui écarter les cuisses et pénétrer de tout son long en elle. Aude le laissait agir à sa guise. Il la renversa contre le sol comme une poupée désarticulée. Ses gestes, elle avait confiance en lui, il pouvait se livrer ainsi entièrement à elle et satisfaire le moindre de ses fantasmes. La cambrure de son dos contre lui devenait inconfortable. Elle se décolla de son sexe et se retourna face à lui. Envieuse elle replaça ses longs cheveux ébouriffés peinturlurés derrière ses oreilles. Le regard pénétrant, elle le coucha de sa main sur son torse au sol. Sa verge apparut devant elle. De sa main, elle le caressa d’abord lentement, très lentement. C’était à son tour de ressentir ça. À son tour de devenir son pantin. Elle approcha sa bouche contre son sexe. Sa langue cajoleuse en sortie. Elle le lécha avant de le sucer comme une friandise. Et l’avala jusqu’à le voir disparaitre en partie dans sa gorge. Sur le point d’exploser, il se contenu. Elle n’en avait pas encore fini avec lui, loin de là. Elle continua encore et encore ses va-et-vient gutturaux. Du bout de la langue, elle partait d’en bas pour remonter jusqu’en haut du gland. Quelques légères gouttes de spermes s’écoulèrent, mais rien d’alarmant. Elle poursuivit sa lente ascension et une fois arrivée en haut recommença. En tant que femme, elle prenait un vilain plaisir à le voir faillir. L’artiste sûr de lui au demeurant, semblait en pleine souffrance. Une souffrance à laquelle il souhaitait se plier. Elle l’agrippa avec ses deux mains, le maintenu et l’absorba. Aude n’avait pas le droit d’y poser ses dents, elle le fit pourtant. Ses crocs bestiaux le dévorèrent presque.

– Doucement ! Doucement ! La prévenu-t-il.

La bouche du bellâtre s’ouvrait comme pour dire, « AIË » suivit d’un « t’arrêtes pas ! ». Cela lui fut communiqué dans sa gestuelle sans un mot. Ses cheveux longs, bleus et verts caressaient le ventre de son bel amant. Elle remonta sa bouche jusqu’à son torse, lui pinça les tétons, les mordilla en gardant toujours une main sur sa queue, le masturba, comme pour garder le contrôle. Il lui appartenait. Dans quoi s’était-il lancé avec elle ? Il était trop tard pour se poser la question. Elle s’assit sur lui pour qu’il puisse s’enfoncer en elle. Il le fit avec élan en éloignant bien loin son bassin. Ses mains lui tenant les fesses. Il l’a tira alors vers lui avec sauvagerie en la pénétrant de toutes ses forces. S’en suivirent des coups forts et durs bien profonds.

AAAAAAAAAAH !! Huuuuuuuuuuuuumm !!! Hurla-t-elle. Elle crut s’évanouir.

Sa cavité humide l’accueillait en se crispant sur sa verge. Elle dansait sur lui. Ondulait sur son ventre comme une fleur bercée par le vent, allongée par une bourrasque. Elle criait sans retenue.

OH OH OH OH Ouiiiiiiiiiiii !!!!

– Baise-moi ! Le surprit-elle.

Il donnait toute son énergie, prêt à l’emplir généreusement. Elle garda ses mains sur son torse comme pour se maintenir bien droite sur sa selle. La bête était farouche, difficile de l’apprivoiser.

Le rythme s’accéléra, des mouvements du bas vers le haut de plus en plus intense.

– C’est trop bon ! C’est vraiment trop bon ! Défonce-moi encore plus fort !

Il lui obéit, encouragé par ses gémissements. Elle le suppliait presque.

Une main masculine lâcha ses fesses et vint la saisir par le cou avec une agressivité contenue. En dessous d’elle, voilà qu’elle bougea d’avant en arrière et de gauche à droite, décrivant des cercles avec ses fesses pour le sentir gonfler en elle. Sa gorge se noua. La tête penchée en arrière son corps se contorsionna en suivant le même sens. En l‘observant se donner à lui avec autant d’expressivité et cette harmonie sexuelle, il ne put s’empêcher de la coucher sur le côté. Placé sur elle, toujours en elle, le balancement de ses fesses chercha à pénétrer plus énergiquement au tréfonds de sa personne.  Elle était si bonne, son gout, sa sueur, sa ferveur. Il voulut d’elle ce qu’elle n’avait jamais donné à aucun autre homme. Sa jouissance véritable, celle qui faisait d’elle une femme. D’un coup sec, elle hurla. Un autre à nouveau cette fois plus brutal, elle se trémoussait. Elle aimait se sentir femme en sentant cette bite suintante glisser de toute sa longueur et sa circonférence au fond d’elle contre la paroi de sa chatte mouillée. Son être, en plein abandon d’elle-même, elle se laissa défoncer comme jamais auparavant. Elle implosa.

Ses mains attrapèrent ses fesses et le griffèrent en s’agrippant à lui. De long spasme la martelaient. La peau, le contact de celle-ci, le frisson, être contre lui. Rien d’autre n’avait d’importance. 

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHH !! OOOOOOOOOOOOOOOOOOHH !! Oh oh oh ! huuuuuuuummm !! Huuuuuuuuuuuuuuuuuuummmmmmmmmmmmm !!

L’occasion était trop belle. À son tour, il put se libérer. Son cri fut plus retenu, mais intérieurement tout aussi virulent. Il se vida lentement en pleine souffrance. Les terminaisons nerveuses de son pénis lui révélèrent les zones les plus sensibles de son anatomie. Il jouit.

Aaaaaaaaaaaaaaahh ! Aaaaaaaaaaaah ! Aaaaah ! Aaaaaah ! Huuuuuuuummm !

Ainsi vidés de toute substance, au milieu de la peinture, ils s’enlacèrent. Il se décolla d’elle pour la laisser reprendre son souffle. Couché sur le côté, sa main resta sur ce petit sein en forme de pomme. Elle se retourna et vint l’embrasser pour se glisser dans ses bras rassurants et protecteurs. Du haut des escaliers on voyait ces amants couchés dans cet océan de couleurs, au milieu des croquis, des feuilles blanches souillées, froissés contre le carrelage froid et huileux. L’image se figea.

Vus d’en haut, ils étaient placés au centre de la toile. Encore une dernière retouche ici et là, un contour à parfaire. Le peintre trempa son pinceau sur sa palette de couleur pour accentuer les contours. Le contraste de ses corps endormis commençait à ressortir. Ainsi termina-t-il sa toile. Il prit alors un peu de recul pour la contempler et pensa :

 » Qu’elle incroyable toile que celle-là.  »

3 commentaires sur “La toile

  1. J’aime la sensualité du départ, ces jeux de couleurs que je trouve sublimes. Ce portrait tout en demi-mesures.
    Et la tension qui s’amplifie, la montée du désir.
    Jusqu’à ne plus se reconnaître, appartenir à un autre monde, se sentir libéré de tant de clichés. Se laisser aller à l’instant – féroce et lascif.
    Bravo et merci!

    Aimé par 1 personne

    1. J’essaie toujours de mettre la femme dans un role où sa vie sexuelle ne regarde qu’elle. Un role qui la rend actrice de son désir et non soumise à celui d’une vision un peu trop rose bonbon. J’aime écrire en mettant en valeur cette force là.

      Aimé par 1 personne

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