Le fantasme coupable

Elle est belle, mais elle en a marre qu’on le lui rappelle. Marre qu’on le lui dise pour marquer le fait qu’on l’a remarqué elle parmi tant d’autres. Elle n’avait rien fait pour mériter pareil dévotion. Dans la rue les hommes aimaient mater son joli p’tit cul moulé dans une minijupe blanche dont les plis de l’aine se laissaient aisément deviner. Ses petits seins pointus se redressaient tout seuls sans l’aide de soutiens-gorge qui lui comprimaient la poitrine, jusqu’à l’empêcher de respirer. Dans un débardeur seyant de même couleur que sa jupe, ses tétons indiquaient avec fierté la direction à prendre, toujours droit devant, elle y tenait. Ses longues jambes rejoignaient la courbe fine de ses fesses arrondies en un jeté de crayon délicat qu’aurait pu dessiner un artiste peintre obsédé par les courbes parfaites. Hautaines et serrées, ses lèvres semblaient abjurer le monde. Les hommes, toujours les hommes. À s’arrêter sur son cul sans réelle discrétion. Ils l’a dévisageaient dans le métro, la regardait de bas en haut. Insistaient là où leurs regards lubriques n’étaient conviés comme pour la soumettre à leurs perversions. Si seulement ils pouvaient lui arracher ses vêtements. Déchirer sa jupe, agripper sa culotte pour la lui enlever contre son gré. Elle aimait penser à cela et se masturbait chaque soir. L’index et le majeur prenaient un vilain plaisir à frictionner sa vulve pulpeuse gorgée de sève. Elle se plaisait à imaginer de mauvaises choses. Pendant cet instant ou seule dans son lit elle brulait d’effroi d’être dominé par le patriarcat. On le lui avait appris, lui avait conté et montré comment faire. Elle devait faire attention à bien se tenir droite, le sourire toujours docile, elle se devait de leur plaire de gré ou de force. Les jambes toujours croisées pour ne pas inciter les garçons à regarder sous sa jupe, un doigt s’enfonça en elle. Ce pouvait être celui d’un inconnu qui serait passé par là. Dans une rue déserte et sombre, il l’aurait surprise et lui tirant les cheveux en arrière l’aurait amené à lui contre sa queue prêt à la prendre comme une pute.  

– J’vais te baiser. Lui cracherait-il au visage en lui léchant la joue.

Il prendrait un plaisir malsain à l’empoigner par les seins, les fesses. Ses doigts frétillants la forceraient et s’enfonceraient au travers de sa culotte humide. Elle se débattrait, le repousserait, le grifferait. Elle crierait, hurlerait qu’on la sauve, mais intérieurement maudirait cette chatte vicieuse d’aimer un tel châtiment. Elle s’enfonça un troisième doigt et se caressa les fesses avant de s’enfoncer l’index dans l’anus.

« Bordel que c’est bon de se sentir souillé, humilié, détesté »

Impossible d’y résister. Elle se frottait le clitoris de l’autre main avec frénésie en pensant au jour où cela lui arriverait réellement. Elle n’avait qu’à ne pas porter cette jupe de putain. Elle l’aurait cherchée. Ce n’était pas faute de l’avoir prévenu. On le lui rappelait sans cesse pour que cela lui rentre bien fort dans son être.

« T’es qu’une pute », « ta bouche à pipe n’est faite que pour me sucer ».
CLAC !

Une douleur intense, mais contenue, la paume de sa main entra en contact vif avec ses fesses. Elle renouvela cela en se pinçant le téton pour ressentir la peine encore plus forte. Ses doigts s’enfonçaient et se retiraient avec brutalité comme autant de sexes d’hommes déshumanisés. À présent, ce n’était plus des corps d’hommes, mais des verges seules, des bites véloces qui lui feraient comprendre où était sa place. Elle se souvint de toutes ces fois où elle avait senti ne plus s’appartenir elle-même. Plus seulement dans le métro, à la piscine ou à la plage. En bikini elle avait appris à ignorer les regards insistants jusqu’à ce que cela devienne flatteur. Au travail, elle avait appris à simuler l’assurance lorsque son patron l’invitait dans son bureau pour mieux plonger son regard dans son chemisier. Tout cela elle se le rappelait, s’imaginant pour chacune des situations prendre de sévères coups de bites dans la chatte. Les hommes retrouvèrent alors leurs apparences humaines et l’attrapèrent pour l’attacher contre le lit. Là, elle attendait les sévices.  

– Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? On lui avait inculqué ce plaisir coupable, celui de sentir le malaise lors-qu’envieuse elle finissait par accepter de violent, profond et indélicat coup de reins. Les hommes avaient le droit de la désirer, mais en retour elle devait faire mine de ne pas les aimer. Ils l’attachèrent avec des cordes, la suspendirent dans le vide. La bouche ouverte elle leur offrit sa langue, mais en retour ils lui offrirent leurs queues qu’elle dégusta avant de les avaler ainsi que leur semence coulant au fond de sa gorge.  

– Chienne je suis, chienne je resterai. Elle se doigta encore plus violemment en se mordillant la lèvre inférieure. Ses gémissements la trahissaient.

« Oh putainnnnnnnn ! Ça vient, oui ça vient ! »

Une bite dans la bouche, bien au fond de sa gorge entrant et sortant, une dans le vagin comme nombre de coups marteaux la plaquant et la défonçant contre le matelas crasseux déposé à même le sol d’une cave froide. Suivi d’une dernière queue qui se plaça dans le dernier de ses orifices. Voilà la fameuse double pénétration qu’elle n’essayerait jamais. Elle préférait s’imaginer le ressenti en se référant aux fois où plus jeune elle avait essayé d’insérer en elle toutes sortes d’objets de forme phalliques. Elle suffoqua.

« Oh merde ! Oui ! C’est bon ! Oooooooooooh, Aaaaaaaaaah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Aaaah Aaaaaah !!!

Jusqu’à imploser…

« Aaaaaahhhhhhh ! Aaaaaah ! Aaaaah ! Aaaah ! Aaah ! Ah ! Ah ! Huuummmm ! »

La lente agonie passée, elle était essoufflée. Son cœur était encore sous le choc d’une telle sensation. La fatigue lui fit fermer les yeux. Puis, avec lenteur, finit par retrouver son souffle.


Elle se sentait comme déchirée. Une déchirure qui aurait pu porter un nom la désignant coupable de son plaisir, coupable d’avoir joui. Seule au fond de son lit, les draps étaient mouillés. C’est alors qu’elle se demanda et continuera de se demander encore et encore, pourquoi aimait-elle tant cela ? ††

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Un commentaire sur “Le fantasme coupable

  1. Le fantasme est souvent coupable. Et pourtant il n’est que ça un fantasme né d’un imaginaire fécond. La femme est animale et son désir l’est aussi.
    Quelle femme n’a pas imaginé ce genre de scène en se masturbant?
    Très bien vu…

    Aimé par 1 personne

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